Saint-Chamond et la Croix de
Paraqueue
Petit survol du vieux pagus des Couramiauds (ethnonyme des habitants de St Chamond)
C’est
en 1973 que nous commencions à sélectionner certains sites du Pilat
pour leur intérêt en site mégalithique. Ces sites majeurs nous étaient
connus depuis déjà les années 1960, car mon ancêtre me les faisait
parcourir, et tant d’autres, lorsque j’étais enfant. C’est à ces
occasions que nous allions sur des lieux totalement inconnus du grand
public et surtout de nos ténors qui aujourd’hui en réclament
l’invention…
Heureusement, certains de ces endroits de mémoire ancienne restent encore peu usités et demandent une petite remise en valeur de leur présence et surtout une réhabilitation de leur contenu. En la matière, le secteur de St Chamond fait parfois figure de parent pauvre vis-à-vis de tant d’autres. Et pourtant, cette légèreté sans doute involontaire fait trop souvent oublier que sous certains édifices et dans quelques sous-sols peu connus dorment paisiblement de beaux vestiges de ces époques où la pierres étaient souvent signe de divinités farouches ou protectrices.
Plantées dans les fondations
Ainsi, c’est lors de travaux conduits vers 1960 que remontent à la surface les restes situés dans la première chemise (du moins ses fondations à moins d’1,50 m) de la maison des chanoines. Il s’agit là de ce qui put être un dolmen ou en tous cas un passage, un seuil, fait de trois énormes monolithe à peine dégrossi. Un de ces derniers était orné de niches assez profondes. On trouve lors de démolitions de pans de murs menaçant de tomber d’autres roches ‘plantées dans les fondations’ pouvant être assimilées à des vestiges druidiques. C’est encore au moment des tranchées, travaux d’assainissement et aménagement routiers que là encore sont retrouvées des traces d’un site sédentaire du néolithique
(ossement, et en petite quantité : poteries, bronze et divers… notices
‘Patissier’)… tout près de l’église Ste Marie, heureusement sauvée de
la destruction et partiellement rénovée… Nous en passons et des
meilleures au fil d’autres sites dispersés dans cette commune si
vivante. Nous retiendrons seulement également le fameux puits celtique
retrouvé dans la vielle cité avec sa légende et si vite, hélas, oublié
de tous. Il n’en reste qu’une vielle photo, une vague notice reprise
sur un cahier d’écolier de 1852 nous permettant de situer ce vestige
dans un passé si lointain, son histoire, ses superstitions et ce qu’il
en restait à la fin du XVIIIe siècle. Hormis ces témoins nostalgiques
rien ne reste plus dans la mémoire humaine qui a tant de facilité à
couvrir, de poussière couleur du temps, ce qui fut la vie autrefois.
Il y a tant et tant de témoignages de ces époques lointaines que nous consacrerons forcément tout un chapitre à ce qui fut localisé et signalé sur le périmètre de cette cité, puis ses alentours immédiats en vallée.
Dans cette attente, nous allons quand même allez nous promener au-dessus de la cité à la Croix de Paraqueu (altitude 633, on l’a échappée belle !) qui se situe plus précisément sur le territoire de St Martin en Coailleux aliéné à la commune de St Chamond sous l’initiative d’Antoine Pinay en 1960.
Lieudit « La Croix de Paraqueu »
Hier…
Il s’agit d’un promontoire rocheux surmonté d’une croix de mission du XIXe siècle qui en remplace une plus ancienne devenue trop chancelante. A proximité passe une ligne d’énergie électrique probablement de haute tension. C’est autours de cet éperon rocheux que nous avions situé en 1973 quelques cupules. Ensuite nous entrions cet élément dans notre « Mystérieux PILAT mégalithique et médiéval », tome 1, publié en 1983 et réédité récemment par Septera Editions.
«
La pierre bien nette à présent nous livrait, sur sa face orientée vers
les Roches de Merlin quelques cupules parfaitement visibles. Toutes nos
recherches sur les roches natives avoisinantes demeurent stériles. Un
bien maigre butin pour tant d’efforts ! A peine engagé, le chemin
se met à serpenter au travers des éboulis pour s’achever en cul-de-sac
sur un surplomb rocheux. Nous n’avions pu le remarquer en montant par
l’autre sentier. D’un coup s’évanouit cet arrière gout de fatigue et de
chaleur qui était notre lot depuis plusieurs minutes déjà. L’homme
avait laissé ici des traces évidentes de son savoir-faire.
Sans même qu’il soit besoin de nettoyer le rocher, un groupe de cupules soulignées par des traits gravés en profondeur étaient nettement visibles. Ces traits de trente centimètres de longueur, très finement taillés donnaient une idée de précision et de soin. L’ensemble de ces gravures est surmonté d’une croix de St André et d’une autre croix à quatre branches égales. L’une comme l’autre n’excédaient pas quinze centimètres et d’encombrement. Toutes ces inscriptions faisaient face à ‘l’enceinte des Trois Dents’. Il est difficile de deviner pourquoi ces gravures pourtant visibles n’apparaissent sur aucun répertoire ou inventaire. Pourtant, ce lieu proche d’établissement religieux devait avoir une forte réputation païenne comme en témoigne la présence du calvaire qui nous fit venir le visiter.
Depuis longtemps, l’ombre de la croix fait son office, l’emprise des anciennes croyances, s’estompe. Même les vieux du pays ne parlent plus de ce lieu plongé dans les ténèbres de l’oubli ; pourtant, selon quelques-uns, la foudre tombe fréquemment sur les hauteurs, vers le calvaire. Ceci pour marquer notre antériorité sur le site.
Aujourd’hui…
Ensuite, notre découverte sera récupérée et retrouvée au fil de quelques ouvrages de gare. Il était donc temps que nous revenions sur ce site laissé dans l’oubli éditorial et régional.
C’est, de fait, tout naturellement que nous réactualisons la prospection sur
ce site. Notre mémoire portait, donc, à cette époque sur quelques
roches entourant le calvaire avec une grosse dizaine de cupules
dispersées sur la sommité. Aujourd’hui, c’est à une de nos plus
efficaces correspondantes que nous demandions d’ouvrir la recherche
depuis nos anciennes maigres informations. Nous la connaissons pour sa
persévérance à chercher sur sites mégalithiques et surtout à découvrir
des cupules ou traces de gravures des temps oubliés, plus ou moins
profondes, quasiment invisible au promeneur ordinaire.
C’est en sa compagnie que nous sommes remontés sur les lieux et, grâce à elle, en avons parcouru les points où se trouvaient ces marques. Si lors de nos anciennes prospections, la récolte avait été assez modeste, cette fois il n’en est pas de même et notre guide nous en apporte une bien plus riche moisson de plusieurs dizaines de témoignages. Ce sont des cupules, des croix ordinaires et surtout une autre croix agrémentée d’autres traits à sa base lui conférant des airs de déjà vu dans la chartreuse sous Jurieu. A propos de ce versant du Pilat, nous confirmons que, de ces roches, on voit parfaitement le haut des Trois Dents et ses installations de réceptions radar, TV et autres surveillances techniques.
C’est ainsi que ce site se compose de plusieurs affleurements rocheux portant ces signes selon un ordre ou un pourquoi dont nous ignorons encore tous les détails. Ces gravures assez profondes émaillent quasiment tout le sommet de cette hauteur parfois à raison d’une seule ou plusieurs par emplacement, sans explication flagrante. On note cependant que ces signes se retrouvent du côté du Pilat, ceci étant également valable pour les roches planes occupées alors sur ce seul versant par ces gravures, alors que la surface de ces pierres permet tout autant ces présences côté St Chamond. Depuis ce constat facile à vérifier, comment ne pas songer à l’expression d’une volonté, pour ces humains oubliés, de tourner attentes, craintes ou espoirs vers ce massif en forme de domaine de leurs dieux. Mais ce n’est pas encore tout. A peu de distance, il existe un emplacement qui fut minier aux époques du bronze si on considère les ‘grosilles’ (déchet de fonte primitive) et une turbine quasiment entière retrouvées lors d’un défoncement agricole du terrain situé en contrebas côté versant Pilat. Quoiqu’il en soit la mémoire minière, finissant de s’effacer, ne semble pas remonter à l’antiquité mais bien au 18e siècle. On observe sur l’ensemble de la sommité que la qualité minérale est sombre, levée en plaques à forme tranchée, donnant à cet environnement un aspect tourmenté, sauvage désolant. Donnons la parole au rapport de présentation du plan local d’urbanisme de la commune de St Chamond décrivant les qualités de son sous-sol : « La commune s’inscrit dans le bassin houiller relativement encaissé qui s’étend de Saint-Etienne à Rive-de-Gier, entre les formations cristallophylliennes des monts du Pilat et le soubassement d’assises gneissiques et mica schisteuses des coteaux du Jarez.
Sur les parties hautes de la vallée du Gier, le socle cristallin imperméable est composé de granite et de gneiss. Les parties basses des versants et le fond de la vallée du Gier est représentée par des grès etschistes houillers ».
C’est cette catégorie géologique qui donne naturellement cet aspect sombre et inquiétant à ce lieu sur lequel semble planer étrangement l’ombre de la grande croix de fer… Mais, si nous faisons appel à notre mémoire visuel, nous voyons très vite que nous sommes là sur un socle rocheux identique à celui des Roches de Marlin et de Ste Croix. A présent, la question qui se poserait naturellement serait de nous demander si ces ressemblances sont le seul fruit d’un hasard ou… l’expression d’une volonté dont nous ignorerons sans doute à jamais les tenants et aboutissants. Une croix aussi, celle de Marlin (pas précisément sur le périmètre même des roches), prépose en un sombre avertissement à cette nouvelle religion superposant sans attention celles des temps primitifs comme à Paraqueu.
Similitude et exception
La similitude pourrait s’en tenir là. Or il est quelques autres que nous recensons sommairement pour l’instant avant de les étudier en détail au fil de l’année qui arrive. A peu de distance de Paraqueu se trouvait une modeste implantation religieuse dont ne sait quasiment plus rien sinon qu’au XVIIe siècle elle était toujours fréquentée… Templière pour les uns, humble maladière ou ermitage pour d’autres, quoiqu’il en soit elle sombre à son tour lentement dans l’oubli des hommes. Quelques pans de murs enfouis dans les broussailles, une vague notice, une superstition, une tradition, une affirmation à laquelle plus personne n’accorde d’importance, et c’est terminé.
Et
c’est bien dommage car on y entendrait, certes de manière
presqu’inaudible, que dans les environs se trouvait un fauteuil taillé
comme au-dessus de Roisey et Rennes-les-Bains. Mais à part une ou deux
personnes interrogées, il y a peu de temps, se souviennent de son
existence et quasiment plus de son emplacement. De plus nous ajoutons
un abri sous roche de la même sorte qu’il en est un à Marlin au bout de
l’éperon rocheux. Cette exploration se fera elle aussi dans les temps
qui viennent, tout comme nous suivrons notre guide sur le mont opposé à
Paraqueu ressemblant, assez étrangement, à ce fameux éperon rocheux au
dessus de Jurieu. C’est sur cet autre sommet bien proche de Paraqueu
que notre guide à mis à jour d’autres roches à cupules sur lesquelles
nous reviendrons une fois suivant, dès leur recensement terminé.
Terminons notre petite visite par un gros plan sur cette croix, rustique et gravée, agrémentée, quasiment à sa base, de deux traits inclinés lui donnant ainsi l’impression d’être composée avec une base triangulaire… comme celle indélébile de Sainte-Croix en Jarez. C’est sur cette image insolite au possible, que nous attendrons la suite à venir de nos investigations sur ce site.
Nous tenons à remercier sincèrement Ulyne pour l’excellent travail qu’elle accomplit sur le terrain, et ses recherches assidues sur le passé mégalithique du Pilat. Nous lui devons l’essentiel des découvertes récentes sur le site de Paraqueu, de superbes images et le montage plan distribution des gravures sur cette sommité.

C’est
en 1973 que nous commencions à sélectionner certains sites du Pilat
pour leur intérêt en site mégalithique. Ces sites majeurs nous étaient
connus depuis déjà les années 1960, car mon ancêtre me les faisait
parcourir, et tant d’autres, lorsque j’étais enfant. C’est à ces
occasions que nous allions sur des lieux totalement inconnus du grand
public et surtout de nos ténors qui aujourd’hui en réclament
l’invention… Heureusement, certains de ces endroits de mémoire ancienne restent encore peu usités et demandent une petite remise en valeur de leur présence et surtout une réhabilitation de leur contenu. En la matière, le secteur de St Chamond fait parfois figure de parent pauvre vis-à-vis de tant d’autres. Et pourtant, cette légèreté sans doute involontaire fait trop souvent oublier que sous certains édifices et dans quelques sous-sols peu connus dorment paisiblement de beaux vestiges de ces époques où la pierres étaient souvent signe de divinités farouches ou protectrices.
Plantées dans les fondations
Ainsi, c’est lors de travaux conduits vers 1960 que remontent à la surface les restes situés dans la première chemise (du moins ses fondations à moins d’1,50 m) de la maison des chanoines. Il s’agit là de ce qui put être un dolmen ou en tous cas un passage, un seuil, fait de trois énormes monolithe à peine dégrossi. Un de ces derniers était orné de niches assez profondes. On trouve lors de démolitions de pans de murs menaçant de tomber d’autres roches ‘plantées dans les fondations’ pouvant être assimilées à des vestiges druidiques. C’est encore au moment des tranchées, travaux d’assainissement et aménagement routiers que là encore sont retrouvées des traces d’un site sédentaire du néolithique
(ossement, et en petite quantité : poteries, bronze et divers… notices
‘Patissier’)… tout près de l’église Ste Marie, heureusement sauvée de
la destruction et partiellement rénovée… Nous en passons et des
meilleures au fil d’autres sites dispersés dans cette commune si
vivante. Nous retiendrons seulement également le fameux puits celtique
retrouvé dans la vielle cité avec sa légende et si vite, hélas, oublié
de tous. Il n’en reste qu’une vielle photo, une vague notice reprise
sur un cahier d’écolier de 1852 nous permettant de situer ce vestige
dans un passé si lointain, son histoire, ses superstitions et ce qu’il
en restait à la fin du XVIIIe siècle. Hormis ces témoins nostalgiques
rien ne reste plus dans la mémoire humaine qui a tant de facilité à
couvrir, de poussière couleur du temps, ce qui fut la vie autrefois.Il y a tant et tant de témoignages de ces époques lointaines que nous consacrerons forcément tout un chapitre à ce qui fut localisé et signalé sur le périmètre de cette cité, puis ses alentours immédiats en vallée.
Dans cette attente, nous allons quand même allez nous promener au-dessus de la cité à la Croix de Paraqueu (altitude 633, on l’a échappée belle !) qui se situe plus précisément sur le territoire de St Martin en Coailleux aliéné à la commune de St Chamond sous l’initiative d’Antoine Pinay en 1960.
Lieudit « La Croix de Paraqueu »
Hier…
Il s’agit d’un promontoire rocheux surmonté d’une croix de mission du XIXe siècle qui en remplace une plus ancienne devenue trop chancelante. A proximité passe une ligne d’énergie électrique probablement de haute tension. C’est autours de cet éperon rocheux que nous avions situé en 1973 quelques cupules. Ensuite nous entrions cet élément dans notre « Mystérieux PILAT mégalithique et médiéval », tome 1, publié en 1983 et réédité récemment par Septera Editions.
«
La pierre bien nette à présent nous livrait, sur sa face orientée vers
les Roches de Merlin quelques cupules parfaitement visibles. Toutes nos
recherches sur les roches natives avoisinantes demeurent stériles. Un
bien maigre butin pour tant d’efforts ! A peine engagé, le chemin
se met à serpenter au travers des éboulis pour s’achever en cul-de-sac
sur un surplomb rocheux. Nous n’avions pu le remarquer en montant par
l’autre sentier. D’un coup s’évanouit cet arrière gout de fatigue et de
chaleur qui était notre lot depuis plusieurs minutes déjà. L’homme
avait laissé ici des traces évidentes de son savoir-faire.Sans même qu’il soit besoin de nettoyer le rocher, un groupe de cupules soulignées par des traits gravés en profondeur étaient nettement visibles. Ces traits de trente centimètres de longueur, très finement taillés donnaient une idée de précision et de soin. L’ensemble de ces gravures est surmonté d’une croix de St André et d’une autre croix à quatre branches égales. L’une comme l’autre n’excédaient pas quinze centimètres et d’encombrement. Toutes ces inscriptions faisaient face à ‘l’enceinte des Trois Dents’. Il est difficile de deviner pourquoi ces gravures pourtant visibles n’apparaissent sur aucun répertoire ou inventaire. Pourtant, ce lieu proche d’établissement religieux devait avoir une forte réputation païenne comme en témoigne la présence du calvaire qui nous fit venir le visiter.
Depuis longtemps, l’ombre de la croix fait son office, l’emprise des anciennes croyances, s’estompe. Même les vieux du pays ne parlent plus de ce lieu plongé dans les ténèbres de l’oubli ; pourtant, selon quelques-uns, la foudre tombe fréquemment sur les hauteurs, vers le calvaire. Ceci pour marquer notre antériorité sur le site.
Aujourd’hui…
Ensuite, notre découverte sera récupérée et retrouvée au fil de quelques ouvrages de gare. Il était donc temps que nous revenions sur ce site laissé dans l’oubli éditorial et régional.
C’est, de fait, tout naturellement que nous réactualisons la prospection sur
ce site. Notre mémoire portait, donc, à cette époque sur quelques
roches entourant le calvaire avec une grosse dizaine de cupules
dispersées sur la sommité. Aujourd’hui, c’est à une de nos plus
efficaces correspondantes que nous demandions d’ouvrir la recherche
depuis nos anciennes maigres informations. Nous la connaissons pour sa
persévérance à chercher sur sites mégalithiques et surtout à découvrir
des cupules ou traces de gravures des temps oubliés, plus ou moins
profondes, quasiment invisible au promeneur ordinaire. C’est en sa compagnie que nous sommes remontés sur les lieux et, grâce à elle, en avons parcouru les points où se trouvaient ces marques. Si lors de nos anciennes prospections, la récolte avait été assez modeste, cette fois il n’en est pas de même et notre guide nous en apporte une bien plus riche moisson de plusieurs dizaines de témoignages. Ce sont des cupules, des croix ordinaires et surtout une autre croix agrémentée d’autres traits à sa base lui conférant des airs de déjà vu dans la chartreuse sous Jurieu. A propos de ce versant du Pilat, nous confirmons que, de ces roches, on voit parfaitement le haut des Trois Dents et ses installations de réceptions radar, TV et autres surveillances techniques.
C’est ainsi que ce site se compose de plusieurs affleurements rocheux portant ces signes selon un ordre ou un pourquoi dont nous ignorons encore tous les détails. Ces gravures assez profondes émaillent quasiment tout le sommet de cette hauteur parfois à raison d’une seule ou plusieurs par emplacement, sans explication flagrante. On note cependant que ces signes se retrouvent du côté du Pilat, ceci étant également valable pour les roches planes occupées alors sur ce seul versant par ces gravures, alors que la surface de ces pierres permet tout autant ces présences côté St Chamond. Depuis ce constat facile à vérifier, comment ne pas songer à l’expression d’une volonté, pour ces humains oubliés, de tourner attentes, craintes ou espoirs vers ce massif en forme de domaine de leurs dieux. Mais ce n’est pas encore tout. A peu de distance, il existe un emplacement qui fut minier aux époques du bronze si on considère les ‘grosilles’ (déchet de fonte primitive) et une turbine quasiment entière retrouvées lors d’un défoncement agricole du terrain situé en contrebas côté versant Pilat. Quoiqu’il en soit la mémoire minière, finissant de s’effacer, ne semble pas remonter à l’antiquité mais bien au 18e siècle. On observe sur l’ensemble de la sommité que la qualité minérale est sombre, levée en plaques à forme tranchée, donnant à cet environnement un aspect tourmenté, sauvage désolant. Donnons la parole au rapport de présentation du plan local d’urbanisme de la commune de St Chamond décrivant les qualités de son sous-sol : « La commune s’inscrit dans le bassin houiller relativement encaissé qui s’étend de Saint-Etienne à Rive-de-Gier, entre les formations cristallophylliennes des monts du Pilat et le soubassement d’assises gneissiques et mica schisteuses des coteaux du Jarez.
Sur les parties hautes de la vallée du Gier, le socle cristallin imperméable est composé de granite et de gneiss. Les parties basses des versants et le fond de la vallée du Gier est représentée par des grès etschistes houillers ».
C’est cette catégorie géologique qui donne naturellement cet aspect sombre et inquiétant à ce lieu sur lequel semble planer étrangement l’ombre de la grande croix de fer… Mais, si nous faisons appel à notre mémoire visuel, nous voyons très vite que nous sommes là sur un socle rocheux identique à celui des Roches de Marlin et de Ste Croix. A présent, la question qui se poserait naturellement serait de nous demander si ces ressemblances sont le seul fruit d’un hasard ou… l’expression d’une volonté dont nous ignorerons sans doute à jamais les tenants et aboutissants. Une croix aussi, celle de Marlin (pas précisément sur le périmètre même des roches), prépose en un sombre avertissement à cette nouvelle religion superposant sans attention celles des temps primitifs comme à Paraqueu.
Similitude et exception
La similitude pourrait s’en tenir là. Or il est quelques autres que nous recensons sommairement pour l’instant avant de les étudier en détail au fil de l’année qui arrive. A peu de distance de Paraqueu se trouvait une modeste implantation religieuse dont ne sait quasiment plus rien sinon qu’au XVIIe siècle elle était toujours fréquentée… Templière pour les uns, humble maladière ou ermitage pour d’autres, quoiqu’il en soit elle sombre à son tour lentement dans l’oubli des hommes. Quelques pans de murs enfouis dans les broussailles, une vague notice, une superstition, une tradition, une affirmation à laquelle plus personne n’accorde d’importance, et c’est terminé.
Et
c’est bien dommage car on y entendrait, certes de manière
presqu’inaudible, que dans les environs se trouvait un fauteuil taillé
comme au-dessus de Roisey et Rennes-les-Bains. Mais à part une ou deux
personnes interrogées, il y a peu de temps, se souviennent de son
existence et quasiment plus de son emplacement. De plus nous ajoutons
un abri sous roche de la même sorte qu’il en est un à Marlin au bout de
l’éperon rocheux. Cette exploration se fera elle aussi dans les temps
qui viennent, tout comme nous suivrons notre guide sur le mont opposé à
Paraqueu ressemblant, assez étrangement, à ce fameux éperon rocheux au
dessus de Jurieu. C’est sur cet autre sommet bien proche de Paraqueu
que notre guide à mis à jour d’autres roches à cupules sur lesquelles
nous reviendrons une fois suivant, dès leur recensement terminé.Terminons notre petite visite par un gros plan sur cette croix, rustique et gravée, agrémentée, quasiment à sa base, de deux traits inclinés lui donnant ainsi l’impression d’être composée avec une base triangulaire… comme celle indélébile de Sainte-Croix en Jarez. C’est sur cette image insolite au possible, que nous attendrons la suite à venir de nos investigations sur ce site.
André Douzet
Le 6 Janvier 2012
Le 6 Janvier 2012
Nous tenons à remercier sincèrement Ulyne pour l’excellent travail qu’elle accomplit sur le terrain, et ses recherches assidues sur le passé mégalithique du Pilat. Nous lui devons l’essentiel des découvertes récentes sur le site de Paraqueu, de superbes images et le montage plan distribution des gravures sur cette sommité.
Le
plan présenté est un travail mené par Sandrine, elle aura à coeur de
présenter sur son propre site l'entièreté d'un travail monumental et
précis.








